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  1. Juin 2020 — Wikipédia

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    3 天前 · Juin 2020 est le 6 e mois de l'année 2020. Climat et environnement Du 4 mai au 23 juin 2020, l'association Ocean Voyages Institute mène une expédition dans le continent de plastique, et y récupère 103 tonnes de déchets plastiques et les ...

  2. Wikipédia:Observatoire des sources — Wikipédia

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    2020/9/24 · Wikipedia® est une marque déposée de la Wikimedia Foundation, Inc., organisation de bienfaisance régie par le paragraphe 501(c)(3) du code fiscal des États-Unis. Politique de confidentialité À propos de Wikipédia Avertissements Contact Version ...

  3. Alphonse Juin — Wikipédia

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    • Carrière militaire
    • Honneurs
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    • Carrière politique
    • Conséquences
    • Résultats
    • Événements
    • Contexte historique
    • Controverse
    • Gouvernement
    • Critiques
    • Reconnaissance

    Il fut l'un des grands chefs de l'armée de libération en 1943-1944 et il s'illustra surtout à la tête du Corps expéditionnaire français en Italie qui, le 13 mai 1944, remporta la victoire du Garigliano, ouvrant les portes de Rome aux Alliés qui piétinaient devant le monte Cassino. Sous-lieutenant, Alphonse Juin est affecté au protectorat français du Maroc où, jusqu'en 1914, il participe aux opérations de pacification6. Lors de la Première Guerre mondiale, le lieutenant Juin participe, avec les troupes marocaines, au sein de la brigade marocaine du général Ditte7, aux combats de la Marne, en septembre 19146. Grièvement blessé en Champagne, en mars 1915, il perd définitivement l'usage de son bras droit6. Il reste huit mois à l'hôpital, avant de retrouver le front. Nommé capitaine le 4 avril 1916, il combat ensuite au sein du 1er régiment de tirailleurs marocains8. En 1921, il obtient de si bons résultats à l'École de guerre qu'il est maintenu comme professeur stagiaire. Il sert ensuite de nouveau en Afrique du Nord sous les ordres du maréchal Lyautey6. En février 1918, il suit les cours d'état-major à Melun avant d'être détaché en octobre à la mission militaire française auprès de l'armée américaine et affecté au cours de perfectionnement des officiers de liaison du Corps expéditionnaire américain. Breveté de l'École supérieure de guerre en 1921, il sert en Tunisie avant de rejoindre à la fin de l'année 1923 le Maroc où il participe à la campagne du Rif. À l'automne 1925, il rentre en France avec le maréchal Lyautey et travaille sous ses ordres au Conseil supérieur de la guerre. Promu chef de bataillon en 1926, il part l'année suivante rejoindre le 7e régiment de tirailleurs algériens à Constantine. En 1929, il est chef du cabinet militaire du résident général au Maroc, Lucien Saint, et prend une part active à la réalisation de la dernière phase du plan de pacification de l'Atlas. Lieutenant-colonel en mars 1932, il devient professeur de tactique générale à l'École supérieure de guerre en 1933 avant d'être affecté comme commandant en second au 3e régiment de zouaves à Constantine. Il prend le commandement de ce régiment le 6 mars 1935. En juin, il est promu colonel. En 1937, il est affecté auprès du résident général au Maroc, le général Noguès, et suit parallèlement les cours du Centre des hautes études militaires. Nommé général de brigade, en 1938, il reçoit à la mobilisation le commandement de la 15e division dinfanterie motorisée : couvrant la retraite sur Dunkerque, cette unité est encerclée dans la poche de Lille et combat avec le groupement du général Molinié jusqu'à l'épuisement de ses munitions. Juin est fait prisonnier et interné à la forteresse de Königstein où il participe au groupe d'études consacré aux questions économiques et sociales10. Il est nommé général de division durant sa captivité.

    Il est le seul général de la Seconde Guerre mondiale à avoir été élevé à la dignité de maréchal de France de son vivant, en 19523. Le 14 juillet 1952, il reçoit le bâton de maréchal de France26,27 sous l'impulsion de son ami le général Chambe, et par l'entremise du gendre de celui-ci, Guy Jarrosson, député du Rhône28. Le 20 novembre 1952, il est élu à l'Académie française où il est reçu en juin 1953. Il succède à Jean Tharaud, et fait unique dans les annales de l'institution, il critique son aîné François Mauriac pour ses prises de position au sujet du Maroc. De 1955 à sa mort, il est président d'honneur de la Société nationale des anciens et des amis de la gendarmerie (SNAAG).

    Alphonse Pierre Juin est né le 16 décembre 1888 à Sainte-Anne dans la commune de Bône (département de Constantine), chez son grand-père maternel Pascal Salini4. Issu d'une famille française modeste pied-noir d'Algérie (fils et petit-fils de gendarme), fils de Victor Pierre Juin -vendéen- et de Précieuse Salini  originaire de Cuttoli Corticchiato et Ucciani, en Corse5 , il poursuit ses études au grand lycée d'Alger. Il sort major de la promotion de Fès de Saint-Cyr en 1912, promotion dont faisait partie Charles de Gaulle6. Juin sera d'ailleurs le seul à tutoyer le général de Gaulle, lorsqu'il sera devenu président de la République.

    Tout sa vie, Alphonse Juin entretiendra un rapport charnel avec le Maghreb : « j'en suis de ce peuplement, et par toutes mes fibres »9.

    Pétainiste et antigaulliste, il est envisagé par Vichy comme ministre de la Guerre13. Il est finalement intégré à l'Armée de Vichy et nommé le 16 juillet 1941, adjoint au général commandant supérieur des troupes du Maroc14 le général Noguès, puis le 20 novembre 194114 général de corps d'armée, commandant en chef des forces d'Afrique du Nord où il remplace le général Weygand dans ses fonctions militaires, mais non dans toutes ses fonctions de proconsul15. De 1951 à 1956, il est commandant en chef du secteur Centre-Europe de l'Organisation atlantique Nord (OTAN, dont le commandant suprême est le général Eisenhower). En mars 1952, alors qu'il s'est toujours tenu à l'écart de la politique, il critique ouvertement le fonctionnement du régime, notamment pour ce qui concerne la question du réarmement. Peu de temps après, il commet un autre éclat en réclamant le transfert des cendres de Pétain à Douaumont. Ses déclarations provoquent des frictions avec les gouvernements en place, mais Juin se garde de tout aventurisme politique.

    Juin, destinataire d'une lettre de Roosevelt lui demandant d'accueillir les troupes alliées en amies, rejette cette demande présentée par le consul Murphy, et se retranche derrière l'autorité de l'amiral Darlan, ancien vice-président du Conseil resté commandant en chef des forces militaires et qui est alors présent à Alger. Libéré au matin par la garde mobile, il organise la reconquête de la ville contre les résistants, mais, convaincu que la partie est jouée, ne fait rien pour rejeter les Alliés19. À 17 h 30, il signe avec l'accord de l'amiral Darlan, une suspension d'armes limitée à la place d'Alger, où l'on dénombre 13 morts français19. Ainsi, ce même 8 novembre 1942, à Oran et au Maroc, les généraux Boisseau et Noguès, subordonnés de Juin, qui n'ont pas été « neutralisés » comme à Alger, accueillent les Alliés à coups de canon. Juin ordonne aux forces françaises de maintenir « un contact élastique, sans agressivité »17. Dans l'après-midi du 8 novembre, à 17 h 35, Darlan décharge Juin de son autorité en dehors de la région d'Alger et charge Noguès de la défense du Maroc et le général Barré de la défense de la Tunisie17. Juin rend compte qu'il « s'efforcera d'exécuter les ordres du maréchal, mais qu'étant entre les mains des Américains, il ne peut que laisser l'entière initiative aux commandants des théâtres est et ouest »20. Le 11 novembre, après avoir appris, vers midi, l'invasion de la zone libre par les Allemands, il fait savoir à ses subordonnés que « dès réception du présent message, la position de neutralité vis-à-vis de l'Axe cesse »20. Juin donne enfin, le 14 novembre, l'ordre à l'armée de Tunisie repliée sur la frontière algérienne, de faire face aux Allemands, mais son chef, le général Barré, attendra jusqu'au 18 novembre pour reprendre le combat. L'armée de Tunisie renforcée par des éléments alliés allait alors se battre, mais le coût humain pour reconquérir le protectorat allait être très élevé. Après cette bataille, Juin repousse les Allemands de la tête de pont sur le fleuve Garigliano24 et descend dans la plaine avec ses troupes. Il prend une part active dans l'offensive sur Rome, bien que lui-même eût préféré une ultime bataille à l'est pour anéantir les Allemands. Il libère dans les premiers jours de juin, les faubourgs orientaux de la Cité éternelle et entre dans la capitale aux côtés de Clark. Puis, Juin prend Sienne. En juillet, appelé à Alger comme chef d'état-major de la Défense nationale, il transmet le commandement de ses troupes au général de Lattre, qui les conduira durant le débarquement de Provence. En tant que chef d'état-major (il le restera jusqu'en 1947), il est en communication avec de Gaulle et avec le Quartier général des forces alliées en Europe (Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force ou SHAEF) bien que général Koenig soit le principal représentant français au SHAEF. Le 25 août 1944, il entre aux côtés du général de Gaulle dans Paris libéré6.

    Mais ce premier cessez-le-feu concernait seulement Alger : Darlan et Juin, désormais entre les mains des Alliés, allaient refuser pendant trois jours de donner l'ordre de cessez-le-feu à leurs subordonnés d'Oran et du Maroc, où le combat sanglant entre Français et Alliés allait se poursuivre inutilement. Ce fut seulement à suite des pressions particulièrement vigoureuses du général Clark que Juin et Darlan finirent, trois jours plus tard et sous la menace, par ordonner le cessez-le-feu à leurs subordonnés d'Oran et du Maroc.

    Juin, sous l'autorité de Darlan, qui s'est autoproclamé haut commissaire de France en Afrique, puis du général Giraud21, reçoit le commandement des forces françaises engagées en Tunisie. Celles-ci contribuent, au prix de lourdes pertes, à l'anéantissement des forces d'occupation de l'Axe et de l'Afrika Korps de Rommel.

    En 1943, Juin est nommé par de Gaulle à la tête du corps expéditionnaire français en Italie, qui comprend quatre divisions (en tout 112 000 hommes). Préalablement, au mois d'octobre, avec le général Patton, alors privé de commandement, Juin a été chargé d'une curieuse mission spéciale en Corse, peu après la libération de l'île, à la demande du général Eisenhower, chef des opérations en Méditerranée. Il s'agissait d'une reconnaissance destinée à leurrer les Allemands sur un possible débarquement allié depuis l'île dans le golfe de Gênes ou en Toscane23. Ce voyage prit des allures de voyage touristique. Au retour à Alger, Juin rejoint l'Oranie et son corps, avant de s'embarquer pour Naples.

    À l'été 1945, le général Juin avait eu l'intention de venir témoigner au procès du maréchal Pétain, sous réserve de l'autorisation du général de Gaulle. Il se vit dans l'imposibilité de le faire ; de Gaulle l'ayant envoyé intentionnellement en mission en Allemagne. Il adressa un témoignage écrit en faveur du maréchal alors que les avocats avaient souhaité, à l'origine, sa déposition orale.[réf. nécessaire]

    Durant ces années, il est sollicité par les gouvernements successifs qui aimeraient le voir revenir en Europe notamment pour exercer le commandement des forces terrestres de la nouvelle Union occidentale, propositions qu'il refuse.

    Sa conception du patriotisme l'éloigne de de Gaulle à qui il signifie son désaccord sur la question algérienne lors d'une entrevue orageuse à l'Élysée. Pour autant, il ne participe pas au putsch des généraux en avril 1961. Mais son refus de suivre ce qu'il estime être une politique d'abandon incompatible avec la loi et l'honneur lui vaut une mise à l'écart totale de la vie publique par son ex-camarade de promotion de Saint-Cyr. Ainsi est-il démis de sa place de droit (du fait de son titre de maréchal) au Conseil supérieur de la Défense nationale, cela par une décision du chef de l'État. Le maréchal Juin est également écarté de toute manifestation commémorative des deux guerres mondiales et privé des prérogatives et avantages dus à son rang (bureau, secrétaire, voiture, chauffeur, etc.).

    Alphonse Juin a été élu à l'Académie française le 20 novembre 1952, au fauteuil 4, succédant à Jean Tharaud. Sa réception officielle sous la coupole a lieu le 25 juin 1953. Il était également membre de l'Académie des sciences coloniales et membre de l'Académie de Stanislas29.

  4. La Kinkerne — Wikipédia

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    4 天前 · La Kinkerne est un groupe français de musique folk d'origine savoyarde formé à l'automne 1974 [5] par (son leader) Jean-Marc Jacquier (accordéon diatonique, chant, vielle à roue, guimbarde, bûche de sorcière, basina [n 1]).Le groupe ...

  5. Saison 3 de 9-1-1 — Wikipédia

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    2 天前 · 7.14 1.6 2 Sink or Swim A la dérive 30 septembre 2019 7.46 1.6 3 The Searchers Le creux de la vague 7 octobre 2019 7.34 1.7 4 Triggers A fleur de peau 14 octobre 2019 6.30 1.4 5 Rage La rage au ventre 21 octobre 2019 6.54 1.5 6 Monsters Monstres ...

  6. Blade (entreprise) — Wikipédia

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    4 天前 · La dernière modification de cette page a été faite le 24 septembre 2020 à 14:20. Droit d'auteur: les textes sont disponibles sous licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions; d’autres conditions peuvent ...

  7. 12 juin — Wikipédia

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  8. Verisure — Wikipédia

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    3 天前 · Verisure, anciennement Securitas Direct, est une entreprise d'origine suédoise spécialisée dans les alarmes avec télésurveillance, elle est présente dans 17 pays[1] en Europe et en Amérique du Sud et compte 3,3 millions de clients[1],[2],[3] ...

  9. 20 h 30 le dimanche — Wikipédia

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  10. Appel du 18 Juin — Wikipédia

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    • Conséquences
    • Commentaires
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    • Célébrations
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    Ce discours, très peu entendu sur le moment, a donné lieu à la publication le lendemain dans le Time, le Daily Express de la version écrite issue du Ministry of Information (MOI), reprises par quelques journaux français. Il est considéré comme le texte fondateur de la Résistance française, dont il demeure le symbole. Le 17 juin à 12 heures 30, le maréchal Pétain, nouveau chef du Gouvernement français, a fait un discours officiel à la radio où il annonce qu'il faut cesser le combat et son intention de demander à l'ennemi la signature d'un armistice. Churchill et de Gaulle conviennent dès lors que le second s'exprimera dès le lendemain sur les ondes4. Mais le Premier ministre, vieux partisan de la fermeté contre Hitler et de la poursuite de la lutte, doit, aidé en cela par Edward Spears, écarter les réticences de certains membres du cabinet, notamment le ministre des Affaires étrangères lord Halifax, Neville Chamberlain et Clement Attlee8, qui ne veulent pas gêner les négociations engagées par le gouvernement Pétain et attendre de voir s'il va effectivement signer l'armistice8,9. Le texte qui a été publié par la suite par De Gaulle est présenté comme une restitution du projet original qu'il avait dû modifier à la demande du gouvernement britannique : Ainsi qu'en atteste la seule retranscription établie  en allemand  par les services d'écoutes helvétiques, l'appel, tel qu'il a donc été diffusé ce 18 juin, ne se présente pas comme une rupture avec le Gouvernement français : C'est ensuite un appel adressé aux officiers et aux soldats français qui se trouvent déjà sur le territoire britannique, où qui viendraient à s'y trouver, à prendre contact avec lui afin de poursuivre le combat avec les Britanniques. En effet, le 18 mai le chef du gouvernement, Paul Reynaud, avait retiré le portefeuille de ministre de la Défense et de la Guerre à Édouard Daladier pour exercer lui-même ces fonctions, et nommé le général Weygand comme généralissime à la place du général Gamelin. Weygand nomme de Gaulle le 25 mai général à titre temporaire, avec effet le 1er juin, comme commandant de la 4e DCR, puis le cite de façon très élogieuse le 31 mai à l'ordre de l'armée pour son action à la Bataille d'Abbeville24. Ce n'est donc qu'ultérieurement, après avoir lancé d'autres appels encourageant les Français de la Métropole, de l'Empire et d'ailleurs à résister, que ce discours est notoirement connu. Par sa médiatisation, la condamnation à mort du général de Gaulle par le tribunal militaire permanent de la 13e région, séant à Clermont-Ferrand, le 2 août 1940 suivant, a largement contribué à le faire connaître en France ; l'information paraît ainsi en une de Paris-Soir et du Figaro. L'appel du 18 Juin marque néanmoins le début de la France libre qui, formée uniquement de volontaires (bien qu'initialement très peu nombreux), poursuit le combat sur terre, sur mer et dans les airs auprès des Britanniques et représente, face au régime de Vichy, la France qui se bat. L'évasion la plus impressionnante fut celle de l'île de Sein au nombre de 133 pêcheurs. Le général de Gaulle vint rendre hommage à l'épopée patriotique des Sénans en 194643 et en 197044. Au travers de cet appel, de Gaulle sera présenté par la suite comme lélément déclencheur de lengagement et de la résistance des français, ce qui va contribuer à faire de lui un symbole de lesprit résistant et de « lhonneur, [de] la raison [et de] lintérêt national », selon ses propres mots. Par cette prise de parole publique, Charles de Gaulle savait quelle figure il allait désormais incarner, en évoquant le « rassemblement de la nation » et « lesprit de fierté »16. Lappel du 18 Juin symbolise l« hyperparole présidentielle » du général. Il va se construire et se présenter en tant que leader, la réponse positive à ce discours légitimerait alors laction de Charles de Gaulle. Il se fait « déjà président en parlant comme un président »45. Pour Jean Lacouture, le 18 juin « nest dans cette carrière fracassante ni un miracle ni une révolution. Cest un paroxysme ». Cet évènement va poser la première pierre de la carrière politique du général, qui y voyait lui-même une opportunité : « Et puis pourquoi ne pas le dire, il y avait lambition. Jétais un ambitieux politique et il y eut la rencontre de la circonstance et de lambition. » Il confirme alors son « entrée décisive et définitive en politique ». De Gaulle est un homme de communication, il sait et saura toujours écrire ; en tant que militaire il connait lutilité de la radio, et sait comment être « chef » même en politique. De Gaulle est vu comme « un animal politique ». Il dira à Gaston Palewski : « la radio, cest une arme redoutable »48. Pour de Gaulle, cétait loutil idéal pour diffuser son message : « La première chose à faire était de hisser les couleurs. La radio soffrait pour cela »49.

    Comme l'Appel du 18 Juin n'a pas été enregistré, la version sonore qui est connue comporte un texte différent, l'appel du 22 juin 1940, jour de l'Armistice. La version filmée a été réalisée encore plus tard, le 2 juillet 1940 pour les actualités cinématographiques2. L'affiche qui est connue comporte aussi un texte différent car il s'agit d'une affiche publiée le 5 août 1940 dans quelques rues de Londres.

    Dans l'après-midi du 18 juin, Élisabeth de Miribel, dans l'appartement que de Gaulle et son aide de camp Geoffroy de Courcel occupent à Seamore Place à Londres10, tape à la machine le texte du discours, dont le général de Gaulle a rédigé un premier brouillon dès le 17 juin à Bordeaux au petit matin11. De Gaulle transmet les éléments de son discours au ministre de lInformation Duff Cooper qui en communique le projet à Churchill8,12. L'après-midi, le général corrige son texte « en fumant cigarette sur cigarette »12.

    On sait depuis quelques années que le Gouvernement britannique avait imposé des corrections13,8. Après avoir déjeuné le jour même avec Duff Cooper, ministre britannique de lInformation, le général de Gaulle doit rendre son texte plus neutre, le cabinet de guerre britannique voulant ménager le nouveau chef du Gouvernement français : le début du discours évoquant la trahison du gouvernement de Pétain qui s'est « mis en rapport avec l'ennemi » est modifié14,15. La version réellement prononcée sera longtemps occultée, car c'est la version écrite originale qui sera publiée dans le Bulletin officiel des Forces françaises libres du 15 août 1940, dans le premier numéro du Journal officiel de la France libre le 20 janvier 1941, puis dans les Mémoires de guerre, et dans l'ensemble des recueils de discours du général de Gaulle.

    Le texte issu du Ministry of Information (MOI) est communiqué par la BBC à la presse britannique du lendemain16, il est publié par The Times du 19 juin 1940, page 6 col. 3, et le Daily Express, et repris par quelques journaux régionaux français, Le Petit Provençal à la une (colonnes 5 et 6) de son édition de Marseille du mercredi 19 juin 194017.

    Entre le 26 mai et le 2 juin, l'armée belge faisait défection, et la Grande-Bretagne décidait, sans concertation avec le commandement français, de replier son armée en rembarquant par Dunkerque la totalité de son corps expéditionnaire de 200 000 hommes, ainsi que 140 000 Français, laissant le reste de l'armée française seule face aux Allemands. Le 6 juin, Reynaud avait nommé, contre l'avis de Pétain et Weygand25, de Gaulle sous-secrétaire d'État à la Défense et à la Guerre, avec, à sa demande, mission prioritaire d'obtenir un appui militaire renforcé de Churchill26 qu'il avait rencontré le 927. De Gaulle avait participé les 11 et 12 juin à l'ultime réunion du Conseil suprême interallié lors de la conférence de Briare28,29, où il avait fait forte impression sur les Britanniques30 et où Churchill avait tenté de convaincre le gouvernement français de continuer la guerre malgré la retraite de l'armée britannique, tandis que le général Weygand avait vainement tenté d'obtenir lintervention des 25 escadrilles de chasse de la RAF qui avaient été promises en 1939 pour pousser la France à entrer en guerre, mais que Churchill réservait en cas d'attaque directe de l'Angleterre.

    Le 16 juin, depuis Londres, de Gaulle a dicté au téléphone la note de Jean Monnet à Paul Reynaud, intitulée Anglo-French Unity, projet d'une Union franco-britannique votée le jour même par la Chambre des communes, consistant dans la fusion des armées, notamment des marines, des territoires, des colonies et du gouvernement français dans l'Empire britannique. Il fait valoir à Paul Reynaud que dans le cadre « d'un gouvernement unique franco-britannique, monsieur le président, vous [] pouvez être président du cabinet de Guerre franco-britannique »31. À peine arrivé à Londres, il reçoit l'ordre de rentrer et écrit le 20 juin au général Weygand, devenu ministre de la guerre: « Mon général, jai reçu votre ordre de rentrer en France. Je me suis donc tout de suite enquis du moyen de le faire car je nai, bien entendu, aucune autre résolution que de servir en combattant »36.

    Le représentant de Churchill auprès du gouvernement français, le général Edward Spears, est venu en avion à Bordeaux le 17 juin1 pour tenter de convaincre Paul Reynaud, chef du gouvernement, et Georges Mandel, ministre de l'Intérieur, de rejoindre Londres, mais sans succès32,3. En effet, Reynaud avait démissionné la veille et Mandel était en attente d'embarquer à bord du paquebot Massilia avec l'intention de continuer la guerre depuis l'Afrique du Nord. Voyant qu'il n'avait aucune place dans le nouveau gouvernement Pétain, l'ex sous secrétaire d'État à la guerre De Gaulle décide de repartir à Londres avec son officier d'ordonnance le lieutenant Geoffroy de Courcel et profite le jour même de l'avion de Spears33.

    Sur les modalités du départ, les versions de Spears et de De Gaulle se contredisent32,33: Spears relate que De Gaulle était demandeur34 et qu'il a fait croire à un enlèvement34,35). Pour De Gaulle la version du général Spears34 est de l'ordre de « récits romanesques » et pour Geoffroy de Courcel, elle est « du plus haut comique, en même temps que tout à fait invraisemblable »33. Jean Lacouture juge la version de Spears « pittoresque »32.

    L'affiche, rédigée au 4, Carlton Gardens à Londres, est placardée le 5 août exclusivement dans des rues de Londres.

    Quelques hommes politiques français dirent lavoir entendu le soir du 18 juin, comme Pierre Mendès France, André Philip et Maurice Schumann.

    Les plus avertis n'en entendent parler que les jours suivants par un communiqué de la version officielle, dans la presse britannique en particulier, ou par ouï-dire.

    L'information est également reprise par la suite dans certains journaux français (Le Progrès de Lyon, Le Petit Marseillais, en troisième page, Le Petit Provençal, en première page, dans la version prononcée à la radio qui censure deux phrases jugées trop sévères à lencontre du Gouvernement français37,40) et étrangers. Au Québec, seul le journal Le Soleil signale lappel du général. Le journal Shenbao, « le quotidien de Shanghai », évoque le général les 24 et 25 juin41. Le Los Angeles Times, le New York Times et The Times vont aussi en parler dès le lendemain42.

    Pour sexprimer, Charles de Gaulle a choisi lappel, qui fait partie des pratiques de rhétorique publique. Lappel suscite souvent lémotion, et présente une direction à emprunter. Selon les mots du philosophe et rhétoricien Philippe-Joseph Salazar45, ce genre, pour être efficace, doit « désigner le mal, choisir son moment » et « stimuler un destin, cest-à-dire que chacun se sente personnellement face à un choix radical »45. Ici, de Gaulle mobilise toutes ces composantes afin de soulever le peuple français. Lappel rejoint aussi la notion militaire de lordre du jour, puisquil pointe du doigt les actions qui doivent être entreprises, les ennemis à abattre et lobjectif à remplir45. Lors de cet appel du 18 juin, le général mobilise la « propagande dagitation », théorisée par Robert Bernier, qui selon ce dernier, vise à « faire bouger un auditoire dans une direction » avec un certain succès. À travers ce discours, il souhaite inciter les français à ne pas accepter larmistice, il sengage donc dans un acte perlocutoire, théorisé par le linguiste John Langshaw Austin, qui consiste à faire faire quelque chose à quelquun en disant ce que lon dit, comme énoncé dans son ouvrage Quand dire, cest faire (1970).

    Charles de Gaulle rappelle le contexte des évènements, est réaliste et présente la situation telle quelle ; procédé efficace lorsque lon veut ensuite susciter lespoir46, selon les linguistes Jean-Michel Adam et Thierry Herman. Il utilise de nombreux procédés stylistiques, comme les répétitions, qui marquent limplication et la volonté du général à défendre la France. Les répétitions de la phrase exclamative, prononcée dans son discours : « [Car la France] nest pas seule ! Elle nest pas seule ! Elle nest pas seule »47 permet de charger le discours démotion, dautant plus que la radio assure une certaine dramaturgie grâce à lécoute de la voix. Lors de ce discours, il utilise la première personne afin de se positionner en tant que leader, et reste optimiste, afin dêtre la source dune espérance. Il emploie lanaphore, afin dapporter un effet damplification à son texte, un effet de puissance qui augmente à chaque mot : « Cette guerre nest pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre nest pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale »47.

    Le 18 juin 2005, l'appel du 18 Juin a été classé par l'Unesco sur le registre international Mémoire du monde, où sont recensés depuis 1992 les documents du patrimoine documentaire d'intérêt universel, en vue d'assurer leur protection. L'inscription, proposée conjointement par l'Institut national de l'audiovisuel (INA, France) et la BBC, concerne quatre documents considérés comme les témoignages clés de l'événement : le manuscrit du texte de l'appel radiodiffusé du 18 Juin, l'enregistrement radiophonique de l'appel du 22 juin, le manuscrit de l'affiche « À tous les Français » du 3 août et l'affiche elle-même. L'exactitude du dossier remis à l'Unesco à cette occasion est néanmoins contestée par l'historien François Delpla54.